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Quelques conseils et informations :
Si ce dossier
vous concerne PERSONNELLEMENT (Art. L. 1111-7 et Art. L.
1112-1) :
- Vous devez en faire la demande vous-même (ou passer
par votre médecin habituel),
- Préférez une lettre recommandée avec accusé de
réception,
- Pensez à joindre un justificatif d'identité (photocopie
de votre carte d'identité, passeport, fiche d'état civil), cela
réduira les suspicions et pourra accélérer la procédure,
- Précisez comment vous voulez accéder à votre dossier
: soit consultation sur place, soit envoi du dossier à votre adresse
ou au médecin qui vous représente si vous optez pour cette solution,
- Si votre demande s'adresse à une clinique privée,
écrivez au médecin qui vous a pris en charge,
- Si c'est à un hôpital public ou assimilé, adressez-vous
au Directeur de l'établissement,
- Le délai d'obtention du
dossier ne peut excéder 8 jours (contre 2 mois pour les
affaires remontant à plus de 5 ans),
- La consultation sur place est gratuite, et fait
l'objet d'un rendez-vous.
- La copie des pièces doit vous être facturée
au prix coûtant (bon marché s'il s'agit de simples photocopies,
plus coûteux si vous demandez la reproduction de planches radiologiques,
échographiques).
Si ce dossier concerne UN
DE VOS ENFANTS MINEURS (Art. L. 1111-7) :
- seul le fait d'être titulaire de l'autorité parentale
peut vous permettre l'accès à son dossier,
- et, à condition d'avoir l'accord de l'enfant (sous
forme d'écrit),
- sinon, même procédure que précédemment.
Si vous êtes un AYANT DROIT
(HERITIER) d'une personne décédée (Art. L. 1110-4 et L. 1111-7)
:
- Même procédure que précédemment ;
- De plus, il faut justifier
votre demande : trois raisons légales
permettent aux ayants-droit d'une personne défunte de demander
l'accès à son dossier:
- connaître les causes de la mort (c'est à dire
pouvoir les faire évaluer),
- défendre la mémoire du défunt,
- faire valoir vos droits (auprès d'une assurance
par exemple).
- Le défunt peut s'être opposé de son vivant à la
communication d'informations : votre demande sera rejetée,
- Un certificat médical sans information couverte
par le secret médical peut néanmoins vous être délivré (pour les
assurances par exemple),
- En cas d'hospitalisation psychiatrique : la demande
doit passer par une commission spécialisée avant d'être validée,
- Dans tous les cas, un refus
doit être motivé.
Que doit contenir un dossier médical ?
Le Code de Santé Publique, modifié par la Loi du
04 mars 02 et le décret 2002-637 du 29/04/02, dit :
Art. R. 710-2-1. -
Le directeur de l'établissement veille à ce que toutes mesures soient
prises pour assurer la communication des informations définies à
l'article L. 1111-7."
Dans les établissements publics de santé et les établissements de
santé privés participant à l'exécution du service public hospitalier,
les informations relatives à la santé d'une personne lui sont communiquées
par le médecin responsable de la structure
concernée ou par tout membre du corps médical de l'établissement
désigné par lui à cet effet.
Dans les établissements de santé privés ne participant pas à l'exécution
du service public hospitalier, cette communication est assurée par
le médecin responsable de la prise en charge du patient. En l'absence
de ce médecin, elle est assurée par le ou les médecins désignés
à cet effet par la conférence médicale.
Art. R. 710-2-2. -
Un dossier médical est constitué pour chaque patient hospitalisé
dans un établissement de santé public ou privé. Ce dossier contient
au moins les éléments suivants, ainsi classés :
-
1/ - Les informations formalisées
recueillies lors des consultations externes dispensées
dans l'établissement, lors de l'accueil au service des urgences
ou au moment de l'admission et au cours du séjour hospitalier,
et notamment :
- a) La lettre du médecin qui est à
l'origine de la consultation ou de l'admission ;
b) Les motifs d'hospitalisation ;
c) La recherche d'antécédents et de facteurs de
risques ;
d) Les conclusions de l'évaluation clinique initiale
e) Le type de prise en charge prévu et les prescriptions
effectuées à l'entrée ;
f) La nature des soins dispensés et les prescriptions établies
lors de la consultation externe ou du passage aux urgences ;
g) Les informations relatives à la prise en charge en cours
d'hospitalisation : état clinique, soins reçus,
examens para-cliniques, notamment d'imagerie ;
h) Les informations sur la démarche médicale, adoptée
dans les conditions prévues à l'article L. 1111-4
i) Le dossier d'anesthésie ;
j) Le compte rendu opératoire ou d'accouchement ;
k) Le consentement écrit du patient pour les situations
où ce consentement est requis sous cette forme par voie
légale ou réglementaire
l) La mention des actes transfusionnels pratiqués sur le
patient et, le cas échéant, copie de la fiche d'incident
transfusionnel mentionnée au deuxième alinéa
de l'article R. 666-12-24
m) Les éléments relatifs à la prescription
médicale, à son exécution et aux examens
complémentaires
n) Le dossier de soins infirmiers ou, à défaut,
les informations relatives aux soins infirmiers ;
o) Les informations relatives aux soins dispensés par les
autres professionnels de santé ;
p) Les correspondances échangées entre professionnels
de santé."
- 2/ - Les informations formalisées
établies à la fin du séjour :
Elles comportent notamment :
a) Le compte rendu d'hospitalisation et la
lettre rédigée à l'occasion de la sortie
;
b) La prescription de sortie et les doubles d'ordonnance de
sortie ;
c) Les modalités de sortie (domicile, autres structures)
;
d) La fiche de liaison infirmière.
Auquel il faut rajouter le compte rendu
d'autopsie en cas de demande d'un ayant-droit d'une
personne décédée.
- L'article suivant précise (Art.
R. 710-2-3.) :
Le dossier comporte l'identification du patient ainsi que, le
cas échéant, celle de la personne de confiance définie
à l'article L. 1111-6 et celle de la personne à
prévenir.
Chaque pièce du dossier est datée et comporte l'identité
du patient (nom, prénom, date de naissance ou numéro
d'identification) ainsi que l'identité du professionnel
de santé qui a recueilli ou produit les informations. Les
prescriptions médicales sont datées avec indication
de l'heure et signées ; le nom du médecin signataire
est mentionné en caractères lisibles.
-
-
- Que faire en cas de difficulté d'obtention
d'un dossier médical ?
- Si vous faites face à des difficultés,
à la mauvaise volonté, sachez qu'il n'a pas été
prévu de sanctions en cas de non-respect au droit d'accès
au dossier médical. La jurisprudence viendra compléter
cette lacune dans les années à venir. Mais en cas
de procédure judiciaire, les tribunaux risquent d'avoir
un jugement sévère à l'encontre d'un médecin
ou d'un hôpital qui n'aurait pas rempli ses obligations.
-
- En cas de refus ou de non-réponse, vous
pouvez dans un premier temps :
- - intervenir auprès d'un organisme chargé
de faciliter les relations avec l'administration : la Commission
d'Accès aux Documents Administratifs ( C.A.D.A. rue de
Bellechasse 75007 Paris - tél : 01 42 75 79 99 - site internet
: www.cada.fr)
- par écrit, indiquer vos démarches infructueuses
et joindre copie de vos courriers.
En cas d'insuccès, passé un délai de 2 mois,
vous pouvez introduire une action en justice avec l'aide d'un avocat.
Vous pouvez également vous faire aider par une association,
comme l'AVIAM, ou toutes autres associations actives dans ce domaine.
Que faire de ce nouveau droit ?
Cette loi est un réel progrès, car
c'est un pas important dans la reconnaissance du patient en tant
que personne. Elle consacre la disparition d'une relation médicale
ancestrale fondée sur un certain paternalisme au profit d'une
relation plus citoyenne.Elle est de nature à établir
de nouvelles bases pour une relation de confiance.Elle obligera
à une tenue plus correcte de certains dossiers hospitaliers.
Mais l'usage de ce droit doit se faire avec clairvoyance.
Vous avez toutes les chances de ne pas facilement comprendre ou
comprendre de façon erronée un dossier livré
brut, sans commentaire, à votre domicile. Il serait souhaitable
que vous ayez des relations franches et ouvertes avec un médecin
qui vous servira d'interprète en cas de contentieux.La majorité
des demandes ne relèvent-elle pas en effet de la nécessité
de comprendre, avant d'agir ! Il faut que votre quête aboutisse,
mais que la procédure reste humaine... et financièrement
tolérable. En effet il existe déjà des médecins
"experts" dans l'aide juridique des personnes victimes...
à des tarifs souvent prohibitifs ! Les tribunaux utilisent
l'avis de ces experts réputés dans le domaine concerné
pour trancher les litiges.Vous aurez une idée assez précise
du résultat prévisible en prenant tout simplement
une consultation auprès d'un praticien compétent voir
réputé. Il est clair que ce médecin ne vous
dira pas d'emblée qu'il y a eu faute ou erreur médicale.
Ce n'est pas dans l'esprit de confraternité en vigueur, même
si cela s'apparente à du corporatisme. Mais imaginez un instant
un monde où les médecins se valoriseraient en se cassant
du sucre sur le dos les uns les autres ! Vous ne sauriez véritablement
plus à qui vous confier.Généralement, si vous
posez clairement la question en précisant que vous avez engagé
une procédure contentieuse, vous aurez une réponse.
Cela peut vous éviter des démarches coûteuses
et parfois déprimantes, car malheureusement le préjudice
est rarement reconnu à la juste valeur de celui qui l'a subi.
Pour toutes
informations complémentaires : prenez contact avec nous !
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